Yvon Cochery, graveur et sculpteur depuis 1969. France

Le métier de graveur sur pierre est l’expression du corps et de l’esprit. Il permet de s’exprimer sans limite. Se surpasser au travers son métier est un exploit de tous les jours.

Imaginez que nous ne connaissons rien à ce sujet … pouvez-vous décrire votre profession? Le graveur est un homme ou une femme qui creuse la pierre à l’aide d’un marteau et d’un ciseau. Il travaille dans les cimetières pour réaliser les épitaffes. Il sculpte des statues.

Quels matériaux utilisez-vous ? La Pierre Calcaire, le Marbre, l’Ardoise, le Granit, le Galet, le Verre, le Bois, le Fer, la Résine, le Bronze.

Qui est votre profil de client idéal ? Je touche toutes sortes de clientèle en commencent par le Particulier, l’Entreprise, l’Association, les Villes, ainsi que l’Etranger.

Vous avez choisi d’être un artisan. Comment ce choix vous est apparu comme une évidence ? Le désire de travailler de mes mains avec des outils de toutes sortes. Le métier de : tailleur de pierre, marbrier et graveur sur pierre ont toujours été mon but. Issue de la 3e génération je ne pouvais qu’adhérer à ce métier. Métier manuel certes mais avec l’obligation de réfléchir et rechercher la Perfection.

Définissez-vous votre travail comme une passion? Quel est le meilleur moment de votre travail? Une passion absolument car il y a tellement de diversité dans mon métier que la recherche de nouveaux produits est constante. Travailler avec la même matière ou mélanger différentes matières  rend mon métier motivant. Le meilleur moment est la Création, le premier jet sur le papier, puis le choix de la matière à façonner ou à graver et enfin la réalisation de l’ouvrage avec cette sensation de glisser sur l’œuvre et faire corps avec l’ensemble.

Tout est subtilité et maîtrise.

Quel rôle jouent le « talent», le «savoir-faire» et la «créativité» dans votre métier? Un rôle extrêmement important tant la difficulté est élevée. Il est nécessaire d’avoir eu une formation à la pointe et précise. Le dérapage n’existe pas ainsi que la médiocrité. Avec le temps l’exigence s’accroît, laissant place à une forme de jouissance, une grande satisfaction. Mais un point doit rester : un travail n’est jamais fini, jamais parfait, toujours mieux faire. Etre meilleur dans son travail et non le meilleur. Il me paraît indispensable de participer à des concours, non pas pour avoir celui-là, mais beaucoup plus encore : se confronter à des artisans du même métier pour s’élever davantage et progresser encore. Cette compétition saine est une façon de se réaliser autrement qu’aux travers les commandes de mes clients. Par ricochet, être Un des Meilleurs Ouvriers de France (MOF) ou Compagnon vous situe par rapport à votre clientèle comme quelqu’un qui a de la rigueur dans son travail et rend le client confiant. Pour la Créativité c’est la cerise sur le gâteau, car elle permet de proposer des choses exceptionnelles sortant très souvent de l’ordinaire. 

Et qu’en est-il de l’innovation, quels sont les changements depuis que vous avez commencé ? L’innovation rythme avec Création : c’est grâce à cette dernière que mon produit ou ma technique évolue. Ce sont par des commandes pointues que vous avancez. Ce qui est le cas aujourd’hui de préparer des œuvres importantes.

Utilisez- vous de nouveaux matériaux, outils, processus, une stratégie marketing, Quel impact sur vos performances ?  Parmi les nouveaux matériaux il y a peu de changement, les pierres restent les pierres.Mais par exemple certaines matières synthétiques peuvent être utilisées. L’outillage varie en fonction de la complexité de l’ouvrage. (Réduire un ciseau  à quelques centimètres pour pouvoir s’introduire sous une feuille d’ornement ou tout autre moyen)

Ma prospection reste les expositions d’art, le site internet et les réseaux sociaux. Ceci permet d’entrer plus en contact avec vos futurs clients.

Comment votre profession pourrait-elle être plus innovante? L’innovation n’existe que si vous créez. Les projets des clients sont également une source d’innovation. 

Où et combien de temps avez-vous été formé avant d’être prêt à créer votre entreprise? Ma formation de base a été faite dans un contexte familiale appuyé par une formation par correspondante avec des cours sur Paris pour étudier le dessin d’ornement, le modelage et confirmer mon travail de graveur sur pierre. La durée pour être un bon graveur est de 7 ans.  
(seulement si l’on passe par toutes les facettes du métier : dessin de toutes les lettres, technologie du métier de graveur, modelage d’après dessin à vue d’ornement en plus ou moins agrandi, connaissance des roches, maîtrise du tracé, mise en place dans l’espace, composition, gravure héraldique, gravure d’ornement, bas-relief, haut relief, lithogravure sur granit, pointillisme sur granit, taille/polissage, étude d’un logiciel de découpe) 

SI vous souhaitiez inviter les jeunes générations à choisir votre profession, quel serait votre message ? Aimer la pierre. Avoir envie de réaliser de belles gravures, des sujets avec justesse, goût et patience.

En conclusion, écrivez une citation, une expérience significative ou une réflexion personnelle que vous souhaitez partager avec nous et expliquez pourquoi ? Le métier de graveur sur pierre est l’expression du corps et de l’esprit. Il permet de s’exprimer sans limite. Se surpasser au travers son métier est un exploit de tous les jours. Il n’y a pas de petit travail, mais un travail de tous les genres et de toutes les difficultés. Le travail évite l’oisiveté mais il permet surtout de s’exprimer et de partager son savoir faire. Dans la finalité de son parcours transmettre. Cette transmission me paraît indispensable, car elle permet une relation étroite avec le futur artisan : contact Humain primordial à notre cercle professionnel.

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