Véronique Gardy Delanne, facteur de flûte depuis 2007. France

Je mets mon savoir-faire au service des personnes qui viennent me voir. Je travaille à l’ancienne c’est-à-dire que c’est ma flûte qui s’adapte au musicien et non l’inverse. J’aime revenir aux bases.

Imaginez que nous ne connaissons rien à ce sujet … pouvez-vous décrire votre profession ?

Je suis facteure de flûte, c’est-à-dire que je crée des flûtes

Quels matériaux utilisez-vous ?

J’utilise uniquement le papier journal.

Qui est votre « profil » de client idéal ?

Le client « idéal » c’est une personne ouverte d’esprit ne s’arrêtant pas au matériau. C’est quelqu’un de curieux, musicien ou non, handicapé ou non.

Vous avez choisi d’être un artisan. Comment ce choix vous est apparu comme une évidence ?

J’ai effectivement choisi d’être artisan. C’est un cheminement plus qu’une évidence, la maturation d’une idée folle de créer une flûte dans un matériau improbable.

De cette idée à la création de l’atelier il s’est passé 10 ans, 10 ans de recherche, de tâtonnement, de « j’y vais, j’y vais pas » jusqu’au moment où seul reste le « j’y vais ».

Définissez-vous votre travail comme une passion ? Quel est le meilleur moment de votre travail ?

Oui, mon travail est à la base une passion, passion de la flûte, de son histoire.

Quand j’ai commencé, le meilleur moment état le « premier son » sorti de la flûte. Aujourd’hui, le meilleur moment c’est lorsque le musicien rencontre sa flûte. C’est un moment totalement magique.

Quel rôle jouent le « talent », le « savoir-faire » et la « créativité » dans votre métier ?

Le « talent » c’est quelque chose que les autres vous donne.

Le « savoir-faire » vient des années de pratique.

La « créativité » c’est ce qu’on a au fond de soi.

Ma créativité m’a amené à imaginer une flûte en papiers recyclés, mon savoir-faire m’a permis de la réaliser.

Et qu’en est-il de l’innovation, quels sont les changements depuis que vous avez commencé ? Utilisez-vous de nouveaux matériaux, outils, processus, une stratégie marketing, Quel impact sur vos performances ? Comment votre profession pourrait-elle être plus innovante ?

Les changements sont multiples, cela va de la manière de faire aux additifs utilisés. Il y a des produits comme le vernis au norme jouet EN71-3 que je trouve facilement aujourd’hui que je ne trouvais pas quand j’ai commencé en 1997. Pour le reste, l’innovation est partout, dans l’outillage par exemple, il n’est pas rare de m’évertuer à imaginer un outil parce que je ne trouve pas ce que je veux dans le commerce. Pour autant, mon métier est un métier de tradition où tout est fait à la main. Je recherche en permanence le moyen de créer une flûte de meilleure facture, en cherchant une autre façon de faire qui me permettrait d’améliorer les choses (pour la flûte et dans la manière de fabriquer).

En ce qui concerne la stratégie marketing, je me suis lancée dans la création d’une boutique en ligne sur les réseaux sociaux. J’ai choisi les réseaux sociaux pour une raison toute simple, c’est le seul endroit où je peux intégrer mes photos avec les sons. C’est-à-dire que vous cliquez sur une photo et vous obtenez le son de l’instrument photographié. Pour l’heure il est trop tôt pour faire un bilan sur l’impact de mes ventes.

Je ne sais pas comment ma profession pourrait être plus innovante. Je crois que l’innovation, quel que soit la profession vient, avant tout, de chacun, de sa capacité à imaginer et à concevoir autrement.

Où et combien de temps avez-vous été formé avant d’être prêt à créer votre entreprise ? SI vous souhaitiez inviter les jeunes générations à choisir votre profession, quel serait votre message ?

Je n’ai pas eu de formation en facture instrumentale. C’est encore l’un des rares métiers où on peut apprendre sur le tas. J’ai mis 10 ans environ pour apprendre les rudiments de l’acoustique, l’histoire de la flûte et des flûtes du monde ainsi que mettre au point mon procédé. Dans la facture instrumentale, le travail et l’apprentissage se fait de façon empirique, c’est-à-dire que c’est par l’erreur qu’on avance.

J’ai souligné plus haut, que mon métier était un métier de passion. Donc on n’arrive pas à la facture instrumentale par hasard. Pour ceux qui sont passionnés par ce métier je leur dirai de multiplier les stages, prenez votre temps, ne soyez pas pressé. Choisissez l’instrument que vous voulez créer et quand vous serez près donnez-vous les moyens de réussir.

En conclusion, écrivez une citation, une expérience significative ou une réflexion personnelle que vous souhaitez partager avec nous et expliquez pourquoi.

Je mets mon savoir-faire au service des personnes qui viennent me voir. Je travaille à l’ancienne c’est-à-dire que c’est ma flûte qui s’adapte au musicien et non l’inverse. J’aime revenir aux bases. Nous avons beaucoup parlé d’innovation, mais pour moi la véritable innovation c’est celle qui permet à celui qui ne devrait pas faire de la flûte à cause d’un handicap par exemple de pouvoir en jouer.

 

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