The incredible thatched cottages of Brière (France)

Created in 1970, the Regional Park of Brière (France) is a unique territory for its natural setting, but also its exceptional concentration of thatched cottages. To build their habitat, “brièrons” farmers just used what they had at hand: local resources, as cheap as stone and thatch marsh “. Article by Alexandra Ronssin for the magazine « Métiers d’Art ».

Les irréductibles chaumières de Brière

Créé en 1970, le Parc Régional de Brière est un territoire unique en France : par son site naturel, mais aussi sa concentration exceptionnelle en chaumières. Il faut prendre de la hauteur pour découvrir l’unité de ce paysage sauvage, situé entre Herbignac, La Baule et Saint-Nazaire, et composé de prairies, de roselières, d’innombrables plans d’eau et d’une vingtaine de communes prises entre les marais. Fédrun, Mazun, Mayun ou Saint-Lyphard…Tous ces villages ont un autre point commun : ils abritent près de 3 000 constructions à toit de chaume, soit 60 % des chaumières françaises. Des maisons rurales modestes, aux murs épais et coiffées d’un toit végétal, idéal pour l’isolation thermique et phonique.

Méthode briéronne

« Pour construire leur habitat, les paysans brièrons ont utilisé ce qu’ils avaient sous la main : des ressources locales, peu chères, comme la pierre et le chaume des marais », explique Virginie Benoit, chargée de mission du Parc Régional de Brière. Instinctivement, ils se sont fait chaumiers. « Les bottes étaient fixées au toit par passées successives, lissées au fauchet puis couronnées d’un faîtage de terre et de tourbe », explique le chaumier Philippe Luce pour décrire la pose briéronne, encore pratiquée aujourd’hui par certains des quatorze chaumiers du site. D’autres, comme lui, ont fait le choix de la pose hollandaise, plus moderne, « moins longue et presqu’aussi efficace pour un résultat identique », assure l’artisan.

40 ans de politique chaume

Cet habitat, né au XVIIe siècle dans les zones les plus pauvres de Brière, n’a pas évolué jusqu’à ce que des propriétaires plus riches introduisent la brique et l’ardoise dans les années 1850. Puis, « avec le développement de l’industrie, beaucoup d’habitants sont partis travailler aux chantiers navals de Saint-Nazaire et ce patrimoine a été peu à peu abandonné », raconte Virginie Benoit. « Dès la fin des années 1960, on prend conscience au niveau local de la disparition et de la dégradation des chaumières », précise-t-elle. C’est le début de la politique chaume. Une grande partie du territoire devient site inscrit en 1967,  l’attribution des permis de construire passe alors par l’architecte des bâtiments de France. Des aides incitatives de l’État (1970 à 1997), la Région Pays de la Loire et le Parc (1989-2010) sont accordées aux propriétaires pour financer jusqu’à 50 % du coût de leurs travaux de rénovation. En 30 ans, avec l’aide d’un conseil architectural et la mise en place de documents d’urbanisme établissant un zonage où le chaume est rendu obligatoire, 1600 chaumières (annexes comprises) sont restaurées.

Un patrimoine toujours fragile

Des villages entiers ont fait peau neuve, faisant par exemple de Kerhinet ou Kerbourg des sites touristiques emblématiques, au beau milieu de 400 km de sentiers à parcourir à pied ou à vélo. Pourtant, il reste du travail à accomplir. « De nombreuses chaumières sont en mauvais état, et, depuis 2010, les propriétaires ne bénéficient plus d’aides », déplore Virginie Benoît. Autre problème : 80 % du roseau utilisé pour le chaume provient aujourd’hui de Camargue, car la Brière n’est pas adaptée à sa récolte intensive…Un paradoxe, pour ce territoire de marais où la revalorisation de la filière roseau apparaît comme l’une des prochaines priorités du Parc.

Alexandra Ronssin pour le magazine “Métiers d’art”


Created in 1970, the Regional Park  of Brière (France) is a unique territory for its natural setting, but also its exceptional concentration of thatched cottages. To build their habitat, “brièrons”  farmers just used what they had at hand: local resources, as cheap as stone and thatch marsh ". Article by Alexandra Ronssin for the magazine « Métiers d’Art ».

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